Le vestiaire se dimensionne sur le nombre de vêtements, non sur les couverts : il faut un mètre linéaire de tringle pour 18 vêtements suspendus, soit environ 5,5 centimètres par cintre, et en saison froide 70 à 80 % des présents laissent leur manteau. Une salle de 150 couverts en janvier demande donc 6 à 7 mètres linéaires, qui tiennent dans un local de 8 à 10 m² si les tringles sont disposées sur deux rangées face à face.
Sommaire
Combien de vêtements arrivent vraiment

Le nombre de couverts ne sert que de point de départ. En décembre et janvier, avec un banquet en soirée, on atteint 0,7 à 0,8 vêtement par personne en comptant que certains suspendent aussi leur sac et que les familles remettent tout ensemble. En mars et en octobre on descend à 0,4. De mai à septembre le vestiaire de salle reste presque vide et se transforme en dépôt pour les chevalets des intervenants, ce qui est normal et se prévoit en laissant une travée d’étagères libre.
Le moment critique n’est pas la remise mais le retrait. À l’entrée, les gens arrivent étalés sur vingt ou trente minutes ; à la sortie d’un banquet, ils partent tous en même temps. Un préposé expérimenté rend quatre ou cinq vêtements à la minute si les cintres sont numérotés dans l’ordre, trois s’il doit chercher. Deux cents manteaux avec une seule personne, cela fait quarante minutes de file à onze heures du soir, et c’est le souvenir avec lequel le client quitte l’établissement. Au-delà de 150 vêtements, les postes passent à deux, avec deux rangées de tringles indépendantes et des numérotations séparées, du type 1-100 et 101-200, pour que les deux préposés ne se gênent pas devant le même tronçon.
Le tableau des mètres linéaires
| Couverts en salle | Vêtements attendus en saison froide | Mètres linéaires de tringle | Superficie du local | Préposés au flux de sortie |
|---|---|---|---|---|
| 40 | 30-35 | 2 m | 3-4 m² | 1 |
| 80 | 60-70 | 3,5-4 m | 5-6 m² | 1 |
| 150 | 110-130 | 6-7 m | 8-10 m² | 2 |
| 250 | 180-210 | 10-11 m | 13-16 m² | 2-3 |
| 400 | 290-330 | 16-18 m | 20-25 m² | 3-4 |
Les 5,5 centimètres par vêtement valent pour un vestiaire avec préposé, où c’est lui qui resserre les cintres et sait où il a rangé le numéro 74. Dans un vestiaire en libre-service, on monte à 8-10 centimètres, car le client doit voir son propre manteau et le sortir sans déranger les autres : à nombre de vêtements égal, l’espace nécessaire double presque. C’est la première donnée à poser sur la table quand quelqu’un propose de supprimer le préposé pour faire des économies.
Les surfaces du tableau comprennent le comptoir et l’allée de service, non l’aire d’attente devant, qui se compte à part.
Profondeur, hauteur, charge admissible
Un cintre pour adulte mesure entre 42 et 45 centimètres de large et un manteau d’hiver occupe jusqu’à 12 centimètres d’épaisseur. Avec la tringle parallèle au mur, la profondeur nette du logement ne descend pas sous 60 centimètres, et 65 est la mesure qui permet de faire coulisser les cintres sans que les manches frottent contre le fond. Sous 55 centimètres, les vêtements longs se plient contre le mur et reviennent au client marqués d’un pli.
La tringle se pose à 170 centimètres du sol dans la version avec préposé : c’est la hauteur à laquelle un préposé de taille moyenne accroche sans se hisser sur la pointe des pieds, et elle laisse 25 à 30 centimètres libres entre l’ourlet d’un manteau long et le sol. En libre-service on descend à 160-165, pour qu’y accède aussi une personne d’un mètre soixante. Au-dessus de la tringle, à 190-195, une étagère de 35 centimètres de profondeur recueille chapeaux, casques de moto et sacs : sans cette étagère, ils finissent tous par terre sous les manteaux.
Le tube est la pièce sur laquelle on ne fait pas d’économie. Diamètre 30 millimètres en acier, épaisseur minimale 1,5, avec un support tous les 90 à 100 centimètres. Vingt manteaux mouillés par mètre linéaire pèsent entre 30 et 40 kilos, et un tube de 16 millimètres avec des appuis tous les mètre et demi se déforme dès la première saison. Qui équipe des salles de banquet avec des portemanteaux mobiles et des portants à roulettes doit regarder la même fiche technique : charge déclarée par mètre, roues pivotantes à frein, base qui ne bascule pas quand tous les vêtements se retrouvent à une extrémité.
Sous les tringles, le sol reste dégagé et lavable. Dans les établissements de montagne, il faut une grille de récupération ou un bac continu, car lors d’une soirée à 200 vêtements, la neige fondue qui tombe des parkas et des après-ski représente quelques litres d’eau. Un léger renouvellement d’air évite que le local, fermé à deux heures du matin avec deux cents manteaux humides à l’intérieur, ne sente la cave le lendemain matin.
Le comptoir, la file et l’emplacement
Le plan du comptoir de vestiaire se situe entre 100 et 110 centimètres, la même hauteur que le plan côté client du comptoir de réception, avec un front utile d’au moins 120 centimètres par poste. Le passage pour le préposé se tient à 70-75 centimètres nets et ne doit jamais être le seul accès quand il y a deux postes.
Devant le comptoir, il faut une aire d’accumulation d’au moins 180 centimètres de profondeur et aussi large que le front plus un demi-mètre de chaque côté. Six personnes qui attendent leur manteau occupent cet espace, et s’il n’existe pas elles le prennent quand même sur la zone de passage, bloquant la sortie. C’est l’erreur la plus courante dans les vestiaires aménagés dans une niche de couloir.
Pour l’emplacement, la règle pratique est de rester à moins de dix mètres de l’entrée de la salle et hors de l’axe principal du parcours. Le vestiaire placé exactement face à la porte crée deux flux opposés sur la même ligne ; décalé sur le côté, ne serait-ce que derrière une cloison, il fonctionne bien mieux et n’entre pas en concurrence visuelle avec le reste de l’aménagement des espaces communs. Dans les établissements où le hall, le lobby et la réception occupent des espaces distincts, le vestiaire de salle se tient du côté de la salle et non du côté du hall, sinon les clients du restaurant traversent le hall dans deux directions pendant le check-in du soir.
Un vestiaire de salle vit dans un local qui n’a presque jamais une forme commode : sous une volée d’escalier, dans un retrait entre deux piliers, derrière une paroi courbe. Nous concevons en interne ces meubles sur mesure et les réalisons avec une filière d’ateliers italiens sélectionnés, avec un seul interlocuteur du relevé à la réception, parce que la différence entre un module standard et une pièce dessinée sur le relevé, dans un local de six mètres carrés, vaut deux mètres linéaires de tringle.
Cintres numérotés et contremarques
Des cintres tous identiques, en bois ou en métal, avec le numéro gravé ou sur une plaquette rivetée, jamais écrit au feutre. Le jeu de contremarques est à deux volets portant le même numéro : l’un reste sur le cintre, l’autre va au client, en général un jeton ou un carton plastifié. Numérotation continue et jamais interrompue, car chaque trou dans la séquence coûte cinq secondes de recherche multipliées par le nombre de vêtements.
Les cintres à crochet antivol pivotant, ceux qui ne se décrochent qu’en tournant dans un sens, servent dans les vestiaires sans préposé et sont inutiles dans ceux qui en ont un. Une réserve équivalant à 15 % des vêtements attendus couvre les cintres cassés et ceux que le client emporte par distraction avec son manteau, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit et se compte parmi les objets qui entrent et sortent sans contrôle au cours d’une soirée.
Tiens un registre des vêtements non retirés en fin de soirée, avec description et numéro de cintre, et conserve-les dans une armoire fermée pendant au moins trente jours. La veste oubliée après un mariage a souvent le portefeuille dans la poche intérieure.
Avec préposé ou en libre-service
Le vestiaire avec préposé est la seule solution sensée au-delà de 100 vêtements, pour le temps de sortie et pour le contrôle. En dessous de 60 vêtements, dans les salles de réunion et les restaurants d’hôtel à clientèle habituelle, un portemanteau mural ou une structure en libre-service à cintres fixes fonctionne et évite de mobiliser une personne toute la soirée.
Le point qui d’ordinaire n’est pas pris en compte est celui de la responsabilité. Quand le vêtement est remis à un préposé derrière un comptoir, il s’agit d’un dépôt en garde, et pour les objets remis l’article 1784 du code civil italien prévoit une responsabilité pleine de l’hôtelier, sans la limite de cent fois le prix journalier du logement qui s’applique en revanche aux objets simplement apportés à l’hôtel. Un vestiaire en libre-service, où personne ne prend rien en charge, reste dans le périmètre plus léger, mais seulement s’il n’y a réellement aucun personnel qui manipule les vêtements : si le préposé suspend lui-même le manteau, la garde existe même sans contremarque. Qui veut comprendre comment cela s’articule avec les autres obligations de l’hôtelier doit poser cette distinction en amont, car elle change aussi la police d’assurance à souscrire.
L’écriteau « la maison décline toute responsabilité pour les objets laissés sans surveillance » ne déplace pas la responsabilité d’un millimètre dans le vestiaire avec préposé. Il faut en revanche écrire sur la contremarque que les objets de valeur laissés dans les poches ne sont pas acceptés, et le rappeler de vive voix au moment de prendre un manteau lourd.
La version avec serrure, c’est-à-dire des casiers individuels fermés au lieu de tringles à vue, a du sens dans les salles de congrès où les participants reviennent à leur vêtement plusieurs fois dans la journée, et dans les spas. Elle occupe bien plus d’espace à nombre de vêtements égal, environ le double, et ne se retient que si le local le permet. Les mêmes critères de fabrication que pour les armoires des chambres valent ici : charnières à 110 degrés, portes qui ne gauchissent pas, chants ABS sur toutes les faces exposées.
Les erreurs les plus fréquentes
Le logement de 50 centimètres de profondeur est l’erreur numéro un, et elle ne se corrige pas après coup. La deuxième est la tringle unique continue sur tout le mur, qui semble la solution la plus capacitaire alors qu’elle empêche de répartir la numérotation entre deux préposés. La troisième est le vestiaire sans éclairage propre, où le préposé lit le numéro du cintre à la lumière du couloir.
Vient ensuite le cas du vestiaire oublié à la conception, que l’on découvre, dans les établissements dotés d’une salle de banquet, à la première cérémonie de décembre. Parmi les critères que l’on regarde pour comprendre ce que doit avoir un hôtel quatre étoiles, le vestiaire figure presque toujours dans les règlements régionaux dès lors qu’il existe un restaurant ouvert au public, et le rattraper après coup revient presque toujours à voler de l’espace à une réserve.
Si la salle accueille des banquets, dimensionne sur le nombre maximal de couverts que tu peux servir, non sur la moyenne : un vestiaire sous-dimensionné ne s’allonge pas, tandis qu’un vestiaire doté de deux mètres de tringle en plus coûte quelques centaines d’euros à l’aménagement et devient un espace utile pour les accessoires qui circulent entre les salles pendant les mois sans manteaux.
Questions fréquentes
Combien de mètres de vestiaire faut-il pour 100 personnes ?
Environ quatre mètres linéaires de tringle dans un vestiaire avec préposé, en comptant qu’en saison froide 70 à 80 % des présents remettent leur vêtement et que chaque cintre occupe 5,5 centimètres. Dans un vestiaire en libre-service, la même quantité de vêtements demande six ou sept mètres, car il faut 8 à 10 centimètres par cintre pour permettre au client de sortir son manteau sans déplacer les autres.
À quelle hauteur placer la tringle du vestiaire ?
À 170 centimètres du sol lorsqu’il y a un préposé, à 160-165 si le vestiaire est en libre-service et que les clients doivent y accéder. Au-dessus de la tringle, une étagère à 190-195 centimètres, profonde de 35, est utile pour les chapeaux, les casques et les sacs. Sous la tringle, le sol se laisse dégagé, car un manteau long descend jusqu’à 25-30 centimètres du sol.
Quelle profondeur doit avoir le logement du vestiaire ?
Au moins 60 centimètres nets avec la tringle parallèle au mur, 65 de préférence. La mesure vient de la largeur du cintre, entre 42 et 45 centimètres, plus l’épaisseur d’un vêtement d’hiver et le jeu nécessaire pour faire coulisser les cintres. Sous 55 centimètres, les manteaux longs restent écrasés contre le fond et reviennent au client pleins de plis.
L’hôtel répond-il du manteau volé au vestiaire ?
Dans le vestiaire avec préposé, oui, et sans la limite de montant qui vaut pour les objets simplement apportés à l’hôtel : le vêtement remis au préposé relève des objets confiés en garde, avec responsabilité pleine de l’hôtelier. Dans le vestiaire en libre-service, si aucun préposé ne prend les vêtements en charge, la position est différente. Les écriteaux d’exonération ne modifient pas la responsabilité dans le premier cas.
Combien de personnes faut-il au vestiaire pendant un banquet ?
Une jusqu’à 150 vêtements, deux au-delà. La contrainte n’est pas la remise à l’entrée, qui se fait étalée dans le temps, mais le retrait final : un préposé rend quatre ou cinq vêtements à la minute, donc deux cents manteaux avec une seule personne, cela fait une file de quarante minutes. Avec deux postes, il vaut mieux répartir aussi la numérotation des cintres, pour ne pas avoir deux préposés sur le même tronçon de tringle.



