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Prévention incendie dans les hôtels : obligations et formalités

Publié le 11 août 2026

Les hôtels de plus de 25 lits relèvent de l’activité 66 de l’annexe I au DPR 151/2011 et sont donc soumis aux contrôles de prévention incendie du Corps national des sapeurs-pompiers. La règle technique historique est le DM 9 aprile 1994, complété par le DM 14 luglio 2015 pour les établissements d’hébergement existants jusqu’à 50 lits et par le code de prévention incendie. En dessous de 25 lits, l’établissement n’est pas soumis aux contrôles, mais les obligations générales de sécurité au travail demeurent.

Ce qui suit est un cadre de vulgarisation, utile pour comprendre le périmètre des obligations et pour parler en connaissance de cause avec ses propres conseillers. Le projet incendie, l’attestation et l’évaluation du risque restent de la compétence d’un technicien habilité, inscrit sur les listes du ministère de l’Intérieur : aucun article ne peut remplacer cette signature.

Le seuil des 25 lits : qui est soumis et qui ne l’est pas

Meubles pour la réception d'hôtel

L’activité 66 de l’annexe I au DPR 151/2011 énumère précisément les établissements concernés : hôtels, pensions, motels, villages hôteliers, résidences de tourisme hôtelières, résidences étudiantes, villages touristiques, hébergements agrotouristiques, auberges de jeunesse, refuges alpins, bed and breakfast, dortoirs et maisons de vacances de plus de 25 lits. En relèvent aussi les établissements d’hébergement de plein air, comme les campings et les villages, quand la capacité dépasse 400 personnes.

Le comptage se fait sur les lits autorisés, pas sur les chambres : un établissement de douze chambres doubles et de quelques lits d’appoint dépasse le seuil. C’est un point qui échappe souvent à qui envisage l’agrandissement d’un petit établissement, car deux lits de plus changent le régime administratif et, par conséquent, les coûts de gestion et de projet.

En dessous de 25 lits, l’établissement n’est pas soumis aux contrôles des sapeurs-pompiers, mais il n’est nullement exempt d’obligations. Demeurent le décret législatif 81/2008 sur la sécurité au travail, l’évaluation du risque incendie selon les critères du DM 3 settembre 2021, le contrôle et la maintenance des installations de lutte contre l’incendie selon le DM 1 settembre 2021 et la formation des agents prévue par le DM 2 settembre 2021. En pratique, c’est le niveau de formalisation qui change, pas la substance de la responsabilité de l’exploitant, qui fait partie des obligations de l’hôtelier envers les clients et le personnel.

Catégories A, B et C : ce qui change concrètement

Le DPR 151/2011 a introduit trois catégories de risque croissant, qui déterminent le parcours administratif. Pour les activités d’hébergement, la distinction se fonde sur les lits.

LitsCatégorieÉvaluation du projetDémarrage de l’activitéContrôle des sapeurs-pompiersRenouvellement périodique
Jusqu’à 25Hors de l’activité 66Non prévueAucune formalité spécifiqueAucunNon prévu
Plus de 25 jusqu’à 50AFacultativeSCIA incendiePar échantillonnage, sous 60 joursTous les 5 ans
Plus de 50 jusqu’à 100BObligatoireSCIA incendiePar échantillonnage, sous 60 joursTous les 5 ans
Plus de 100CObligatoireSCIA incendieVisite technique obligatoireTous les 5 ans

Les établissements d’hébergement de plein air d’une capacité supérieure à 400 personnes sont classés en catégorie B. La différence pratique entre les catégories tient surtout à deux points : dans les catégories B et C, le projet doit être soumis à l’examen préalable du Commandement, avec des délais à intégrer dans le planning des travaux ; en catégorie C, la visite technique n’est pas par échantillonnage mais obligatoire, et se conclut par la délivrance du certificat de prévention incendie.

Les règles techniques : 1994, 2015 et le code

La référence principale reste le DM 9 aprile 1994, qui approuve la règle technique pour la construction et l’exploitation des activités d’hébergement touristique et hôtelier. Il régit l’emplacement, les séparations, la résistance au feu des structures, le compartimentage, les voies d’évacuation, les installations, les moyens d’extinction, la signalisation, la gestion de la sécurité et la réaction au feu des matériaux.

Pour les établissements existants de plus de 25 et jusqu’à 50 lits est intervenu le DM 14 luglio 2015, qui a introduit des dispositions simplifiées et proportionnées à la taille réduite, en maintenant le niveau de sécurité mais en évitant des exigences disproportionnées pour un bâtiment de quelques chambres. C’est la norme qui a enfin rendu praticable la mise en conformité de nombreux petits hôtels historiques, souvent installés dans des bâtiments protégés où le compartimentage traditionnel était impossible.

À côté de cette voie existe le code de prévention incendie, approuvé par le DM 3 agosto 2015, qui depuis 2016 comprend une règle technique verticale dédiée aux activités d’hébergement touristique et hôtelier. C’est une approche performantielle : au lieu d’imposer une solution unique, il définit les niveaux de performance à atteindre et admet des solutions conformes ou alternatives, à condition qu’elles soient démontrées. Pour les bâtiments complexes, pour les rénovations profondes et pour les cas où la règle de 1994 conduirait à des interventions très invasives, le code offre des marges de manœuvre qui valent les honoraires du concepteur.

SCIA incendie, contrôles et renouvellement quinquennal

Le parcours administratif s’articule en trois temps. L’évaluation du projet, prévue par l’article 3 du DPR 151/2011, concerne les catégories B et C et les modifications substantielles : le Commandement se prononce sur le projet avant les travaux. La SCIA incendie, régie par l’article 4, se présente à la fin des travaux et avant l’exploitation, via le guichet unique des activités productives : avec la SCIA, l’activité peut démarrer aussitôt, accompagnée des certifications et des déclarations de bonne pose des installations et des matériaux. Le renouvellement périodique, prévu par l’article 5, doit être présenté tous les cinq ans pour les activités d’hébergement, avec l’attestation d’un technicien qui certifie l’absence de modifications et le maintien des conditions de sécurité.

Le renouvellement est la formalité la plus souvent oubliée, car elle tombe à distance et ne fait l’objet d’aucun rappel automatique. Il vaut la peine de l’inscrire au calendrier de la maintenance exceptionnelle avec les vérifications périodiques des ascenseurs et des installations électriques, afin de concentrer les visites en basse saison.

Mise en conformité des établissements existants : le calendrier

Les hôtels existants à la date d’entrée en vigueur de la règle technique de 1994 ont suivi pendant trente ans un plan exceptionnel de mise en conformité, rouvert et prorogé plusieurs fois. La dernière intervention réglementaire a repoussé l’échéance finale au 31 décembre 2026, avec la présentation de la SCIA incendie avant la fin de 2025, et a porté de six à huit le nombre d’exigences techniques minimales à satisfaire entre-temps. Comme les échéances ont été modifiées à un rythme quasi annuel, la date en vigueur doit toujours être vérifiée avec le technicien mandaté avant de programmer le chantier.

Qui est encore dans le plan de mise en conformité a un avantage pratique : les travaux incendie touchent presque toujours aux couloirs, aux escaliers, aux portes et aux compartimentages, c’est-à-dire aux mêmes surfaces qu’une rénovation esthétique remettrait de toute façon en question. Les portes des chambres en sont l’exemple le plus clair : les remplacer pour des raisons de résistance au feu puis les refaire deux ans plus tard pour des raisons d’image est un gaspillage qu’on n’évite qu’en coordonnant les deux chantiers dès le départ.

Gestion quotidienne : plan d’urgence, équipe, registre

La sécurité incendie ne s’arrête pas à la SCIA. La règle technique impose une gestion documentée et vérifiable, qui repose sur quelques outils concrets :

Le registre des contrôles vient en premier. Y figurent les vérifications périodiques des installations, des extincteurs, de l’éclairage de sécurité et des portes coupe-feu, avec les essais de fonctionnement, chacun avec sa date et sa signature : un registre rempli en une seule fois la veille de la visite, même stylo et même écriture, n’importe qui le reconnaît. Puis le plan d’urgence et d’évacuation, avec les plans affichés à chaque étage et les consignes synthétiques en chambre, rédigées aussi en anglais. L’équipe d’urgence doit être présente à chaque service, et le service qui compte vraiment est celui de nuit, quand les clients dorment, ne connaissent pas le bâtiment et ont quelques secondes pour comprendre par où sortir. Les exercices d’évacuation incendie doivent être faits au moins tous les six mois et consignés dans un procès-verbal.

La formation des agents suit le DM 2 settembre 2021 : niveau 2 pour les activités d’hébergement de plus de 25 lits, niveau 3 pour les hôtels de plus de 200 lits, avec une mise à jour au moins tous les cinq ans. Le comptage se fait sur les lits et non sur les chambres, détail qui met hors norme bien des établissements : il suffit des lits d’appoint vendus aux familles en haute saison pour dépasser le seuil sans s’en être aperçu.

La clarté de la signalisation d’évacuation et la cohérence de la numérotation des chambres ne sont pas des détails esthétiques : lors d’une évacuation nocturne, un client désorienté doit comprendre en trois secondes de quel côté aller, et le personnel doit pouvoir dire à qui coordonne les secours quelles chambres restent à contrôler.

Le rôle du mobilier : réaction au feu et classe 1 IM

La partie de la réglementation qui touche de plus près qui aménage concerne la réaction au feu, c’est-à-dire le comportement des matériaux lorsqu’ils sont déjà atteints par les flammes. La règle technique de 1994 fixe des exigences différentes par zone et par type : dans les voies d’évacuation, les revêtements doivent être en grande partie incombustibles, les matériaux de revêtement admis sont de classe 1, les rideaux et les matériaux suspendus doivent être au moins de classe 1, tandis que les meubles rembourrés et les matelas doivent être de classe 1 IM. Les petits fauteuils du hall, les têtes de lit rembourrées et les canapés de la salle du petit-déjeuner relèvent de cette catégorie bien plus souvent qu’on ne le croit.

Savoir ce qu’exige la réglementation incendie sur le mobilier évite deux erreurs opposées. La première est de se fier à des meubles dépourvus d’homologation, pour se retrouver ensuite avec une fourniture inutilisable au moment de la réception. La seconde est de payer des exigences superflues sur toute la fourniture, alors que la norme ne les demande que dans certains espaces. La classe 1 IM concerne l’ensemble rembourré complet, pas le tissu seul : un revêtement homologué appliqué sur un rembourrage non homologué ne produit pas un rembourré conforme.

Sur le plan documentaire, le dossier se construit en même temps que la fourniture. Le certificat ignifuge des meubles doit indiquer le numéro d’homologation, le matériau auquel il se rapporte et la correspondance avec ce qui est effectivement installé, et il doit être accompagné de la déclaration de bonne mise en œuvre. Le choix des tissus contract se fait en amont, au moment de définir le cahier des charges : changer une tapisserie une fois la production lancée signifie presque toujours refaire la procédure d’homologation de l’ensemble.

Dans les chantiers de mise en conformité, c’est le point où la filière fait la différence. Nous réalisons du mobilier sur mesure en coordonnant des ateliers italiens sélectionnés, avec un seul interlocuteur du relevé à la réception : les certifications de réaction au feu arrivent avec les meubles, déjà prêtes pour le dossier que le technicien joindra à la SCIA, sans courir après différents fournisseurs une fois les travaux finis. Pour qui évalue encore l’investissement initial, l’incendie est l’un des postes qui pèsent le plus dans le parcours pour ouvrir un hôtel et il doit être estimé en amont, pas une fois le chantier ouvert.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui change au-dessus de 25 lits ?

Au-dessus de 25 lits, l’établissement entre dans l’activité 66 de l’annexe I au DPR 151/2011 et devient soumis aux contrôles des sapeurs-pompiers. Dès lors, il faut la SCIA incendie avant l’exploitation, le respect de la règle technique applicable et le renouvellement périodique tous les cinq ans. En dessous du seuil demeurent toutefois les obligations d’évaluation du risque incendie et de formation du personnel prévues par la réglementation sur la sécurité au travail.

Qu’est-ce que la SCIA incendie et à quelle fréquence se renouvelle-t-elle ?

La SCIA incendie est la déclaration certifiée que le titulaire présente au guichet unique à la fin des travaux et avant d’ouvrir, avec les certifications des installations et des matériaux. Elle permet le démarrage immédiat de l’activité, sous réserve des contrôles ultérieurs du Commandement. Pour les activités d’hébergement, le renouvellement périodique de conformité incendie se présente tous les cinq ans, attesté par un technicien habilité.

Faut-il le certificat de prévention incendie pour un B&B ?

Un bed and breakfast jusqu’à 25 lits ne fait pas partie des activités soumises et ne présente donc pas la SCIA incendie. S’il dépasse 25 lits, il relève de l’activité 66 exactement comme un hôtel, avec les mêmes formalités que la catégorie correspondante. Restent toujours obligatoires les extincteurs, les détecteurs de gaz et de monoxyde de carbone exigés pour les établissements para-hôteliers et la formation de qui travaille dans l’établissement.

Qui contrôle la sécurité incendie à l’hôtel ?

Le contrôle institutionnel revient au commandement provincial des sapeurs-pompiers, qui vérifie par échantillonnage les activités de catégorie A et B et effectue la visite technique obligatoire pour celles de catégorie C. En cas d’accident ou d’incendie interviennent aussi les organes de surveillance de la sécurité au travail et l’autorité judiciaire. La responsabilité quotidienne de la gestion, des contrôles périodiques et du registre reste toutefois celle du titulaire ou de l’exploitant de l’établissement.

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